Lección 8 — Données personnelles et cadre légal

L'AI Act européen : catégories, obligations, calendrier

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L'AI Act européen : catégories, obligations, calendrier

L'approche par les risques

flowchart TD
  Q["Mon système d'IA"] --> I{"Pratique interdite (art. 5) ?"}
  I -->|"Oui"| X["Interdit"]
  I -->|"Non"| H{"Haut risque (art. 6, annexes I et III) ?"}
  H -->|"Oui"| HR["Obligations lourdes : gestion des risques, données, documentation, contrôle humain, enregistrement"]
  H -->|"Non"| T{"Interagit avec des personnes ou génère du contenu (art. 50) ?"}
  T -->|"Oui"| TR["Obligations de transparence"]
  T -->|"Non"| M["Risque minimal : pas d'obligation spécifique, codes de conduite volontaires"]
  HR --> L["Dans tous les cas : maîtrise de l'IA (art. 4)"]
  TR --> L
  M --> L
CatégorieExemples tirés du textePour vos assistants
Interdit (art. 5)Manipulation subliminale nuisible, exploitation des vulnérabilités, notation sociale, reconnaissance des émotions au travail et à l'école (hors raisons médicales ou de sécurité), moissonnage non ciblé d'images facialesÀ exclure explicitement dans la charte d'usage
Haut risque (art. 6, annexe III)Recrutement et gestion des salariés, accès à l'éducation, évaluation de solvabilité, tarification d'assurance vie et santé, accès à des services publics essentiels…Un assistant RH qui trie des candidatures peut y entrer
Transparence (art. 50)Systèmes qui dialoguent avec des personnes, contenus synthétiques, hypertrucagesUn chatbot client est typiquement concerné
MinimalFiltre anti-spam, aide à la rédaction interneLa majorité des usages internes

Fournisseur ou déployeur ?

  • Fournisseur : développe un système d'IA (ou le fait développer) et le met sur le marché ou en service sous son nom.
  • Déployeur : utilise un système d'IA sous son autorité dans un cadre professionnel.

Une entreprise qui assemble un assistant à partir d'un modèle d'un éditeur et le met en service sous sa propre marque peut être fournisseur du système, même si elle n'a pas créé le modèle. Les fournisseurs de modèles d'IA à usage général (les grands LLM) ont leurs propres obligations, applicables depuis le 2 août 2025.

Une entreprise intègre un LLM d'un grand éditeur dans un chatbot de support client à sa marque, ouvert au public. Quelle obligation de l'AI Act la concerne le plus directement ?

Les obligations de transparence (article 50) en pratique

Pour un assistant support client ou un assistant interne, retenez :

  1. Informer la personne qu'elle échange avec une IA, sauf si c'est évident au vu des circonstances. Exemple : « Vous échangez avec un assistant automatisé. Vous pouvez demander à parler à un conseiller. »
  2. Marquer les contenus synthétiques (texte, image, audio, vidéo) générés par le système, dans un format lisible par machine, lorsque le système en génère ; des exceptions existent, notamment pour l'aide à l'édition standard.
  3. Signaler les hypertrucages (deepfakes) et certains textes publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt public.

L'obligation de maîtrise de l'IA (article 4)

Depuis le 2 février 2025, fournisseurs et déployeurs doivent prendre des mesures pour garantir, dans la mesure du possible, un niveau suffisant de maîtrise de l'IA (AI literacy) de leur personnel qui utilise ces systèmes. C'est un argument direct pour le module 4 (formation des équipes).

Calendrier (texte initial, à vérifier)

timeline
  title AI Act : principales échéances du texte initial
  2024-08-01 : Entrée en vigueur
  2025-02-02 : Pratiques interdites (art. 5) : Maîtrise de l'IA (art. 4)
  2025-08-02 : Modèles d'IA à usage général : Gouvernance et sanctions
  2026-08-02 : Application générale, dont transparence (art. 50) : Haut risque annexe III (date initiale)
  2027-08-02 : Haut risque annexe I (date initiale)
ÉchéanceCe qui s'applique (texte initial, art. 113)Remarque
1ᵉʳ août 2024Entrée en vigueur—
2 février 2025Pratiques interdites, maîtrise de l'IA—
2 août 2025Modèles à usage général, gouvernance, sanctions—
2 août 2026Application générale, transparenceDes aménagements transitoires ont été annoncés pour certains contenus générés : vérifier
2 août 2026 / 2027Haut risque (annexe III / annexe I)Reporté par la modification de 2026 selon les commentaires publiés : consultez le texte consolidé

Les sanctions (art. 99) prévoient des amendes plafonnées en montant ou en pourcentage du chiffre d'affaires mondial, le plafond le plus élevé visant les pratiques interdites.

Quelle démarche est la plus prudente pour connaître la date d'application exacte des obligations haut risque à votre cas d'usage ?

Exercice : classer quatre cas d'usage

Pour chacun, indiquez la catégorie AI Act probable, votre rôle et une obligation clé.

  1. Chatbot de FAQ public sur le site e-commerce.
  2. Assistant interne qui résume des comptes rendus de réunion.
  3. Outil qui classe les CV reçus et propose une liste courte aux recruteurs.
  4. Assistant qui détecte l'humeur des conseillers pendant leurs appels pour la notation managériale.
Voir la solution
#Catégorie probableRôleObligation clé
1Transparence (art. 50)Fournisseur du système (s'il est mis en service à votre marque) et déployeurInformer qu'il s'agit d'une IA ; plus RGPD
2Risque minimalDéployeurMaîtrise de l'IA (art. 4), charte interne ; plus RGPD
3Haut risque (annexe III, emploi)Déployeur, voire fournisseur si développé en interneContrôle humain, journalisation, information des personnes, obligations des déployeurs (art. 26) ; AIPD RGPD
4Interdit (reconnaissance des émotions sur le lieu de travail, art. 5)—Ne pas déployer

Ces classements sont indicatifs : la qualification exacte dépend des détails du cas et doit être validée juridiquement.

Je sais faire

  • Placer un cas d'usage dans les quatre catégories de l'AI Act en justifiant par l'usage
  • Distinguer fournisseur et déployeur
  • Rédiger une mention de transparence pour un chatbot (art. 50)
  • Citer les principales échéances et savoir où vérifier leur version à jour
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