درس 2 — Comprendre ce qu'est un LLM

Comment un modèle apprend : pré-entraînement, fine-tuning, RLHF

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Comment un modèle apprend

Le parcours d'un nouveau collaborateur

Imaginez la formation d'un nouveau collaborateur très doué :

  1. L'école et les lectures : pendant des années, il lit énormément et acquiert une culture générale. Il sait beaucoup de choses, mais il ne connaît pas encore les usages de votre entreprise.
  2. La formation métier : on lui montre des exemples de bon travail (« voici comment on répond à un client »). Il apprend le format attendu.
  3. Le feedback du manager : on lui dit « cette réponse-là est meilleure que celle-ci ». Il affine son jugement : plus clair, plus prudent, plus poli.

Un LLM suit à peu près le même parcours.

flowchart TD
  A["1. Pré-entraînement : lire d'énormes volumes de textes"] --> B["Modèle de base : sait compléter du texte"]
  B --> C["2. Fine-tuning : exemples de questions et bonnes réponses"]
  C --> D["Modèle qui suit des instructions"]
  D --> E["3. RLHF : des humains comparent des réponses"]
  E --> F["Assistant utile, clair et plus sûr"]

Étape 1 : le pré-entraînement

Pré-entraînement (pre-training) : on montre au modèle une quantité colossale de textes (pages web publiques, livres, code, articles…) et on lui pose sans cesse le même exercice : deviner le token suivant. À chaque erreur, ses réglages internes (les paramètres) sont légèrement corrigés.

  • C'est l'étape la plus longue et la plus coûteuse : elle mobilise des milliers de processeurs spécialisés pendant des semaines ou des mois. Seules quelques grandes entreprises et laboratoires la réalisent.
  • Le résultat est un modèle de base : il connaît le langage et beaucoup de faits, mais il ne sait pas encore « converser ». Si vous lui écrivez « Quelle est la capitale de l'Italie ? », il pourrait répondre par… une autre question, comme dans un quiz qu'il aurait lu !

Étape 2 : le fine-tuning

Fine-tuning (ajustement fin) : on reprend le modèle de base et on continue de l'entraîner, mais cette fois sur un jeu d'exemples choisis : des questions suivies de bonnes réponses, rédigées ou validées par des humains.

Le modèle apprend ainsi le format « on me pose une question, je réponds de façon utile ». C'est beaucoup moins coûteux que le pré-entraînement, car il y a beaucoup moins de données.

Les entreprises peuvent aussi faire du fine-tuning pour spécialiser un modèle sur un style ou une tâche très répétitive (classer des tickets, par exemple). Mais pour lui apprendre vos documents internes, ce n'est généralement pas la bonne méthode : on préfère lui donner les documents au moment de la question (le RAG, module 3).

Étape 3 : le RLHF

RLHF veut dire Reinforcement Learning from Human Feedback : apprentissage par renforcement à partir de retours humains. Concrètement :

  1. le modèle produit plusieurs réponses à une même question ;
  2. des personnes les classent de la meilleure à la moins bonne ;
  3. le modèle est ajusté pour produire plus souvent le genre de réponses préférées.

C'est ce qui rend l'assistant plus utile, plus poli, plus prudent : refuser une demande dangereuse, avouer une incertitude, structurer sa réponse. Il existe des variantes : par exemple, Anthropic a décrit une approche où le modèle est aussi guidé par une liste de principes écrits (une « constitution »).

ÉtapeAnalogieCe que le modèle y gagneQui la réalise ?
Pré-entraînementL'école, des années de lectureLangage, culture généraleLes éditeurs de modèles
Fine-tuningLa formation métier par l'exempleSuivre des instructions, un formatÉditeurs, parfois entreprises
RLHFLe feedback du managerJugement, ton, prudenceLes éditeurs de modèles

Quelle étape donne au modèle l'essentiel de ses connaissances générales sur le monde ?

Une idée reçue à corriger : « il apprend de ce que je lui dis »

Pendant une conversation, le modèle ne se ré-entraîne pas. Il « se souvient » de ce que vous avez dit uniquement à l'intérieur de la conversation en cours (c'est la fenêtre de contexte, leçon suivante). Fermez la conversation : il repart de zéro.

Certains assistants proposent une fonction « mémoire » ; il s'agit en réalité de notes enregistrées puis réinjectées dans les conversations suivantes, pas d'un ré-entraînement.

Un collègue affirme : « Si je corrige l'IA dans ma conversation, elle ne refera plus jamais l'erreur, pour personne. » Qu'en pensez-vous ?

Exercice : associer le besoin à la bonne étape

Pour chaque situation, indiquez si la solution relève du pré-entraînement, du fine-tuning, ou d'aucun entraînement (on donne simplement l'information au moment de la question).

  1. Une start-up veut créer un tout nouveau modèle de langage à partir de rien.
  2. Le service RH veut que l'assistant réponde à partir de la dernière version du règlement intérieur, mis à jour chaque trimestre.
  3. Une équipe veut un modèle qui classe des milliers de tickets dans 12 catégories, toujours au même format.
  4. Vous voulez que l'assistant rédige un e-mail en tenant compte d'un compte rendu de réunion que vous avez sous les yeux.
Voir la solution
  1. Pré-entraînement. Créer un modèle à partir de rien, c'est la grande étape coûteuse ; peu d'acteurs la font.
  2. Aucun entraînement. Le règlement change souvent : on le fournit au modèle au moment de la question (copier-coller, pièce jointe, ou RAG). Ré-entraîner à chaque mise à jour serait lent, coûteux, et le modèle pourrait mélanger ancienne et nouvelle version.
  3. Fine-tuning (éventuellement). Tâche très répétitive, format fixe, gros volume : c'est le cas typique où un ajustement peut aider. Souvent, un bon prompt avec quelques exemples suffit déjà : on commence par là.
  4. Aucun entraînement. Vous collez le compte rendu dans la conversation et vous demandez l'e-mail.

Règle pratique : dans la grande majorité des projets d'entreprise, on n'entraîne rien. On choisit un modèle existant et on lui donne les bonnes informations et les bonnes consignes.

Je sais faire

  • Décrire les trois étapes de fabrication d'un assistant avec une analogie
  • Expliquer ce qu'est la date de coupure des connaissances
  • Expliquer pourquoi le modèle n'apprend pas de mes conversations en direct
  • Dire pourquoi on préfère fournir les documents plutôt que ré-entraîner le modèle
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